lundi 18 octobre 2010

Madagascar

Bon, avant de commencer, vous pouvez vous mettre une petite musique malgache en fond pour vous mettre dans l'ambiance ;) C'est à gauche là, appuyez sur PLAY ;)

Alors, c'est surement le plus long récit de vacances que j'entreprends...donc j'espère y mettre assez d'anecdotes et de détails pour que ce soit aussi vivant que possible :). Tout commence donc il y a un an et demi environ, quand je décide de m'incruster dans le prochain voyage long-courrier de Sergio et qu'on commence donc à rechercher une destination...Tout y passe, Brésil, Chili, Tibet etc...On finit par se poser sur Mada et le voyage se rapprochant, l'excitation monte. Avant de passer aux photos, comme d'hab, commençons par une petite intro sur le pays :

Madagascar est une île un tout petit peu plus grande que la France (587000 km2) dans l'océan indien, séparée de l'Afrique par le canal du Mozambique. Le centre de l'île est constitué de hauts-plateaux, et la capitale, Antananarivo (Tana pour les intimes :) est à peu près au centre de l'île. On peut résumer (mal surement, mais quand même) le climat en disant qu'au nord de Tana, le climat est plutôt tropical (végétation toujours verdoyante, même en saison sèche), et au sud, c'est plus sec (savanes presque désertiques en saison sèches). Les côtes sont influencées par les entrées maritimes, qui peuvent être de type cycloniques à l'est...
Historiquement, jusqu'au 16e siècle environ, l'île est habitée par le peuple "Vazimba" qui reste l'objet de polémiques et de spéculations ethnologiques...L'île subit indubitablement l'influence des populations polynésiennes et indonésiennes, mais aussi des africains (bantous), des arabes, des indiens et des européens. Puis jusqu'à la fin du 18e siècle, l'administration de l'île dépend des anglais puis des rois de France (qui entreprennent l'évangélisation des populations). Finalement, en 1884, la conférence de Berlin (pendant laquelle les puissances européennes se divisent tout simplement l'Afrique et s'en répartissent les "éclats") attribue à la France la "gestion" de l'île, qui deviendra en 1896, après une conquête presque sans combats, une colonie.

Des hommes influents de cette partie de l'histoire, on retiendra entre autres, le maréchal Joseph Galliéni, gouverneur général de Mada de 1896 à 1905. Il entreprend de "pacifier" l'île d'une main de fer (exécutions, exils etc...). Durant cette période, le développement de l'île est entrepris, et les infrastructures voient le jour (routes, administration, chemins de fer etc...). Le commerce extérieur est lui aussi en forte expansion. La France retire évidemment une partie des fruits de ce développement.

Pendant la 2nde guerre mondiale, la Grande-Bretagne s'empare de Madagascar, avant de la restituer à la France libre en 1942. Elle devient un territoire d'outre-mer en 1946, puis accède à l'autonomie en 1958 et enfin à l'indépendance en 1960. Depuis, les gouvernements se succèdent et sont renversés régulièrement dans une valse ou les intérêts économiques étrangers (notamment français) sont engagés. En 2009, l'ancien président Marc Ravalomanana est contraint de démissionner, puis de s'exiler en Afrique du Sud, sous la pression populaire, et les pleins pouvoirs sont transférés au maire de Tana, Andry Rajoelina (partisan pro-français) qui promet la tenue d'élections anticipées...

Voilà qui fait une belle entrée en matière, passons maintenant au concret :)

Avant toute chose, comment dire :) il arrive un moment ou on se rend pitoyablement compte que la quantité de choses "essentielles" qu'on aurait bien emmenées ne rentrent clairement pas dans notre sac... Mais tout va bien car le coup de stress des 3 dernières heures avant le départ nous élimine tout ce qu'il y a d'inutile dans le tas :) Et tout fini par rentrer, le chapeau et les lunettes itou :)




Voilà, après une longue soirée avec les potes de Lyon, je me lève, en autopilote, et je descend des escaliers que je ne verrai plus pendant 3 semaines, et qui, du coup, prennent une teinte différente dans la nuit qui s'efface. Cécile et Sergio m'attendent dans la voiture, et on finit par arriver à la gare, 45 minutes avant le départ du train. Bien mal nous en a pris, assis au café pour passer le temps, il s'en faut de peu que nous ne rations le train pour Paris ...
Ehhh ouais, parcequ'on passe par Paris....pour revenir à Marseille (escale de l'avion)...Les logiques tarifaires des compagnies aériennes nous surprendrons donc toujours ;)

La première d'une série de "photos du jour", à bouts de bras, à CDG :
... and back to where we started from ... revoir Marseille, à ce moment là, c'est le début du calvaire. On restera dans cet avion 12h, dans les seuls sièges qui ne s'inclinent pas...remarque, on dit que dans les chutes d'avions, c'est à l'arrière qu'on a le plus de chance de s'en sortir... Mouais, mais c'est là qu'on dort le plus mal en tout cas...
... Comment dire, les divertissements d'air Mada sont rustiques... Comme on entend rien au film (qui de toute façon sera interrompu environ 30 minutes avant la fin), on tente d'augmenter le volume déjà au max en utlisant ce qui nous entoure :) en vrais mc Gyver que nous sommes...
... Arrivée à Mada, là, on fait semblant, mais en vérité, j'ai rarement été aussi fatigué de ma vie ... 4h00 du mat à Tananarive. 15kg sur le dos. Changer l'équivalent d'un an de salaire en cash dans l'avion (je vous dis pas les liassasses de billets qu'on se tape en échange).... tendu. Un taxi nous embarque pour la gare routière de Tana...
Vision fugitive de Tana dans les pastels qui blanchissent :)
... Et première étape, la gare de Taxi-brousses...là si t'es pas sur de ou tu vas, je crois qu'y en a qui sont capables de te déchiqueter pour être sur d'avoir un bout de Vazaha dans leur bus.... alors un Vazaha (prononcer "VAZA"), c'est un blanc...le plus souvent ça désigne un étranger, un touriste...un riche...mais on nous expliquera plus tard qu'un américain noir, c'est pas un Vazaha...Alors qu'un malgache blanc...reste un Vazaha. Donc on se retrouve vers 6h30 dans cette gare routière, déposé par notre taxi compatissant dans la cahutte d'une des compagnies de taxi-brousse. Autour de nous, quelques malgaches se gèlent dans la froidure inattendue (pour nous en tout cas) de Tana en septembre.
Ce putain de taxi-brousse ne partira qu'à 9h30, quand toute les places (ou plus...) auront été remplies. Un taxi-brousse ne part JAMAIS à vide. On devait donc être un peu plus de 15 dans le minibus gris. Les bagages sur le toi et les genoux sous les oreilles (globalement, vous vous rendrez compte que le Vazaha, et plus particulièrement l'italien qui m'accompagne, ne sont pas au "format" malgache). Et là on part pour 9h d'une route particulièrement bonne (pour Mada), qui serait surement en travaux sur 89% de sa longueur selon nos standards...mais là, ne vous inquiétez pas....ça va passer :)
Premiers paysages furtifs. Furtifs parcequ'on finit par s'endormir, même dans les pires conditions du monde...surtout quand on a pas dormi depuis 36h...
Je vous passe les détails du voyage...avec ce qu'il faut de grognements, d'arrêts pour bouffer et refaire circuler le sang dans nos jambes, de mecs absurdes qui monte dans le bus avec des queues de zébus etc...

On arrive finalement à Fianaranstoa (prononcer Fianarantsou, ou Fianar pour les intimes ;). Là, un type nous aborde pour nous proposer d'être notre guide-chauffeur pour une partie de notre voyage...On parle un peu pendant qu'il nous montre l'hotel ou on décide de passer la nuit. Le Soratel, une adresse à retenir, pas cher et propre, nous attend, les draps ouverts :)

Il y a même le petit match de foot à la télé...
Un petit point sur ce qu'on a changé comme thune à l'aéroport....On se sent un peu comme picsou avec tous ces billets, mais je vous assure que ça part vite ! :)
Le lendemain, avant notre départ pour le camp catta, un petit défilé dans les rues. C'est une église qui vient recruter des fidèles en chantant dans des bagnoles d'une autre époque, mais bon...Ça à l'air d'être normal ici :)
Et une petite photo de notre premier vrai pote à Mada. C'est Ju Yan, le patron du resto ou on a mangé la veille et qui nous a fait goûter nos premiers rhums malgaches...Extras !
Là, on a pris la voiture pour rejoindre le Camp Catta, dans le massif de l'Adringintra (Prononcer Adjinjitcht...ouais ou pas en fait, on a pas rencontré un vazaha capable de le prononcer celui là....). Et on pass à Ambalavao. Voilà la photo d'une des bâtisse les plus reconnaissable de tout mada. Il n'y a que les Églises de mieux entretenues. C'est là ou on achète l'Eau Vive (marque d'eau en bouteille), pour les vazaha qui ne boivent que ça, et la bière bien évidemment. D'ailleurs, THB (Three Horses Beer) est la marque local de bière la plus connue. Très peu chère, elle est blonde, légère et désaltérante....faut dire qu'à Mada, on a rarement envie d'une Guiness....
Premier aperçu du massif de l'adringintra...
... Et soudain, premiers Zébus !!!! Sur le coup, c'est la folie !!! C'est nos premiers animaux malgaches croisés, et je peux vous dire que Sergio a dû prendre 70 photos juste sur ce groupe là. N'empêche, ils étaient impressionnants, très nombreux, en route pour le marché aux zébus d'ambalavao.
...Une de mes préférée des zébus....
... et d'autres images, un peu volées ... On comprendra, au fur et à mesure, qu'ici, un vazaha est plus qu'un touriste. C'est souvent la seule source de revenus à des kilomètres. Et ce qu'on prend parfois pour des sourires, des saluts, des regards curieux, sont plus souvent des suppliques. Mais pour l'heure nous sommes encore dans la poésie du début de voyage, alors restons-y :)
... il y a quelque chose d'intemporel et d'auto-suffisant dans cette photo. Elle résume et explique à la fois. L'homme est là, de passage, entre le bleu et le rouge :)
Première étape dans un village près du camp catta. À 8km du camp, il faut changer de véhicule et prendre un 4x4 pour finir. On a le temps de faire le tour de ce premier marché. En s'y promenant, on se perd vite dans les tourbillons de tissus bariolés qui parcourent ce petit labyrinthe comme si c'était aussi facile que de prendre la 3e à gauche après la station totale...
Des couleurs magnifiques.
Et troisième "photo du jour"...encore un peu fatigués, mais on n'est plus dans un bus pour liliputiens qui fait des embardées tout les 100m pour éviter un chien, un zébu, une autre voiture ou simplement un cratère dans la route...
On quitte alors le village...
...et on s'approche du camp de base :)
...Le camp catta...le petit bungalow ou Serge ne peut pas s'empêcher de faire 2 tractions...on aura bientôt plus la force de les faire....autant en profiter :)
Pendant la petite balade autour du camp, le paysage qui s'étale finalement devant nous prend enfin l'envergure qu'on lui soupçonnait :)...Une des photos mythiques du voyage !
Et en rentrant, voilà un des plus beau stade de foot que j'ai jamais vu :) Et parmi les meilleurs petits dribbleurs que j'ai vus...On a d'ailleurs eu du mal à résister....
...et on a fini par aller taper la balle avec eux...Grand mal m'en a pris puisque je me suis tordu la deuxième (et dernière...) cheville... La veille d'un trek monstrueux. Je ne sais pas vraiment ce qui m'a pris, mais voir les minots du bout du monde s'éclater pendant des heures avec une balle qui n'avait plus de rond que le souvenir et deux pierres pour poteaux de buts. Malgré la fin douloureuse, c'était un super moment...parmi les plus honnêtes et francs sourires que nous ayons croisés.
Voilà à quoi ressemble le camp catta. Des petits bungalows assez cosy je dois dire. Il y a aussi des emplacements de tentes, mais avec les 9h de taxi-brousse dans les fesses, on s'est vite décidé POUR les lits.
Le lendemain, nous partons donc, de bonne heure (7h00) pour un trek de 2 jours... Pour 2 personnes, le camp prévoit 3 porteurs et 1 guide. Au début ça surprend, on se dit...est-ce qu'on a vraiment besoin de 45kg de matériel/bouffe pour 2 jours (chaque porteur a un sac de 15 a 20 kg)? En fait, on se rend compte que les quantités emmenées sont un peu exagérées et qu'on a 3 fois trop à bouffer. Mais ça permet surement de faire travailler les gens, et de justifier des tarifs un peu plus élevés que dans les autres parcs que nous ferons par la suite...

Là, une jolie vue sur le Tsaranoro au pied duquel se trouve le camp catta.
...et notre première destination, c'est le caméléon, un sommet de 1600m environ, pas très haut, mais ça monte sec, et on était montés et descendus avant 10h30 :) La vue d'en haut est lunaire, ponctuée de pachypodiums et autres plantes absurdes. On commence à peine à se rendre compte de l'aridité du territoire, qui ne se fait pas tout de suite sentir, surtout qu'il ne fait pas forcément chaud le matin, mais qui ne tardera pas à nous tomber dessus...
La photo récompense en haut du Caméléon (appelé ainsi parceque d'en bas on voit clairement une tête de caméléon, avec les yeux qui divergent et tout le bordel :)
Et oui, on est effectivement assez haut...et proche du bord...
Puis, après une brève pause, on repart dans la vallée, et le tour du Tsanarono commence pour de bon...vous voyez ci-dessous qu'il y a très peu de vert dans le paysage.
Par contre, quand il y en a, ça fait une sacrée tache !
...là, on commence a avoir un rythme dans les pattes, et on ne regarde plus trop le paysage qui n'en finit pas de se ressembler...le troisième type de désert après les roches et le sable...les herbes longues et sèches. C'est à peu près à ce moment que je me rend compte que j'ai de la fièvre et que je commence à prendre du Doliprane, qui deviendra mon meilleur ami dans les prochaines heures :)
Vers 15h30, on arrive dans les environs du village ou nous allons planter notre tente...Pour y arriver, cependant, il faut passer la rivière sur un arbre plus ou moins stable. C'est à ce moment que j'ai compris que les italiens sont des gens très "terre à terre" :)
Et l'arrivée au village de Bedita (prononcer Bédita), qui veut dire "beaucoup de Sangsues" en raison d'un étang ou il vaut mieux ne pas tremper ses pieds, et qui borde le village :) Les porteurs qui nous accompagnent ont ce type de sac, et sont le plus souvent en sandales ou pieds nus. Ils marchent beaucoup plus vite que le guide et les Vazahas, pour garder le poids le moins longtemps sur les épaules. Ils avancent puis attendent à l'ombre d'un arbre que nous les rejoignions.
Photo du jour, devant l'école des minots de Bédita...On voit la fatigue, et on commence à voir la fièvre :) Mais bon, on reste dans le trip :)
...plantage de tente. On se rend compte que ce n'est pas forcément la spécialité malgache, et qu'on s'en sort pas mal pour des Vazahas ...
... le soir, repas pantagruélique pour Vazahas fatigués :) On aura de la soupe, puis du riz avec de la viande en sauce (zébu ou poulet je ne me rappelle plus). Par contre je me rappelle du dessert...ananas grillé au caramel...extraordinaire. Bien sur tout ça est fait sur un feu derrière l'école. La nuit est tombée et c'est à ce moment qu'on regarde vers le ciel pour se rendre compte qu'il est tout simplement incomparable à nos cieux timides et déserts. Ici, la voute sombre est tellement peuplée de scintillements et poudres diamantées qu'elle semble presque plus animée que notre bonne vieille terre :)
Le lendemain, avant de repartir, on fait un tour dans la forêt des makis. Il faut dire que tous nos espoirs de voir les vrais animaux symboliques de madagascar se portaient sur cette forêt qui, d'après son nom, ne pouvait qu'être un repaire de ces petits singes bichromes :) Et pourtant, il faudra rester à bonne distance (un peu moins grâce au 300mm de Sergio) et se contenter d'entre-apercevoir de ci de là quelques annelures alba-negra...un peu deçus nous rentrons au village...
...pour y trouver un accueil tout aussi méfiant au départ, mais qui finira par se transformer en curiosité bien trop forte pour résister à l'envie de "tâter du Vazaha". On apprend aussi que le Vazaha est une sorte de père fouettard pour les enfants qui ne veulent pas aller au lit, ou manger leur manioc :). C'est pour ça que certains s'enfuient ou pleurent en nous voyant, et que tous, même les plus courageux, mettront bien 20 minutes avant de nous approcher, de nous serrer la main (avant de s'enfuir en courant) ou d'essayer de nous parler. Une fois établi, le contact est pourtant d'une grande intensité et sera l'un des plus beaux souvenirs qu'on rapportera de Mada.

...la seule chose qu'ils osent alors nous demander est de pouvoir regarder leurs images sur les écrans LED blafards et terriblement bi-dimensionnels (par rapport à ce qui nous entoure) de nos appareils photos. Et ça finit bien sur par les amuser ouvertement, si bien qu'ils prendront la pose une bonne vingtaine de fois avant que nous repartions.
Un petit aperçu surexposé (mais j'aime bien l'effet) de l'intérieur de leur école. C'est donc sur ce tableau qu'une maîtresse (qui bien qu'enseignant le français eu un peu de mal à nous comprendre) essaye de transmettre ce qu'elle sait aux enfants de Bédita, probablement l'un des village les plus reculé que nous visiterons.
Avant de partir, notre guide distribue à la joyeuse bande de troublions (les plus petits en premier !!!) des gâteaux pour les remercier de leur accueil.

Ché bon :)
En partant, ils nous chantent l'hymne malgache.


Là encore, Sergio, moi et mes 40 degrés de fièvre sommes touchés par ces voix à un point qu'il est difficile d'exprimer... En partant un cadre qui m'a frappé, et malgré la maladresse du cadrage et le grain moyen des couleurs, j'adore cette photo :
On repart, la deuxième journée est moins dure que la première, mais tout aussi répétitive. On discute un peu avec le guide, sur Mada, sur les Malgaches, sur les coutumes...Mais bientôt, la chose la plus importante redevient de poser nos pieds dans ses pas...
De retour au camp catta, SURPRISE ! Les fameux lémuriens qu'on cherchait de l'autre côté du Tsanarono (on a quand même fait 40 bornes en 2 jours pour les voir...) sont de passage sur la terrasse du restaurant du camp... Là, Sergio s'en donne à coeur joie, et même mon petit totofmaker réussit à prendre quelques jolies images :
En repartant du camp, un oubli qui conditionnera un peu le reste du voyage...les duvets sont restés au camp, dans les sacs des porteurs...nous sommes donc "condamnés" au confort des hotels et bungalows....ça finit par nous aller correctement :)

De retour à Ambalavao, je passe une nuit à tousser et à boire de l'eau pour faire tomber la fièvre. Au matin, on passe finalement à la clinique (folklo la clinique malgache) et je me retrouve avec du sirop, un médoc pour la crève et un antibiotique...Malgré les doutes que nous avons sur le coup en voyant le médecin (qui ne comprend pas bien pourquoi je viens la voir alors que je n'ai qu'un peu de fièvre depuis 3 jours et pas de palu, pas de peste, pas de jambe cassée, rien de spécial quoi...), je finis par aller mieux et ravalerai rapidement mes premières impressions sur la médecine malgache.

À Ambalavao, notre guide (Germain) nous emmène à la fabrique de soie du coin. Là, les cocons de vers à soie sont cuits, puis filés (à la main, 1 cocon=1km de soie), et enfin tissés.
Là on voit bien les différentes étapes...Au centre les cocons bruts, au fond à gauche les bassines pour les cuire, au fond au centre les tas de soie bouille, en bas à gauche c'est un bois qui colore la soie et en bas à droite on voit le début d'une écharpe je crois  :)
L'autre artisanat local c'est le papier Antemoro, qui est en fait la fabrication d'un papier épais et décoré de fleurs grâce à une préparation à base d'écorce d'arbre. Le papier, au final est vraiment très beau et les fleurs y restent comme incrustées.
En partant d'ambalavao, on s'arrête dans la réserve de l'Anja ou l'on peut voir quelques lémuriens, des oiseaux et quelques caméléons si on a de la chance....nous en eûmes ! :)
Puis, on reprend la route vers Ranohira (vers le sud ouest). Cette dernière se fait alors de plus en plus monotone, de plus en plus régulière, et on arrive même à un endroit, sur un plateau, ou l'horizon semble avoir disparu et ou il ne reste que cette ligne droite et grise, balafrant d'un trait sec la savane elle-même craquelée et rouge, morte et poussiéreuse.
L'arrivée à Ranohira est alors plutôt un changement bienvenu...surtout quand on y croise (grâce à l'oeil aguerri de notre guide local) notre deuxième caméléon, pris au piège sur une branche :)
Et le lendemain nous attaquons notre 2e parc naturel, le parc de l'Isalo (prononcer "Ichal"). Là, ma fièvre se calmant, j'ai l'impression de revivre et ce n'est pas qu'une impression physiologique...Au fond des gorges du parc coulent des rivières, cascades et autres ruisseaux qui nous avaient tant manqués...
De dessus, les gorges ressemblent vraiment à un rift scindant le plateau en morceaux de puzzles...
Au fond, des piscines naturelles....
...dans lesquelles je ne peux m'empêcher de m'engouffrer, avec l'empressement de celui qui se sent guérir, et le souvenir des baignades de randos dans les montagnes vertes du nord des ÉU.... On m'aura dit : "C'est pour les québécois !", mais ça reste un des bon moment de l'Isalo...
... bon après je n'ai jamais dit que c'était chaud ...
Balade dans les gorges...
Encore un regard masqué que l'on crois en balade...
Là, une drôle de scène, un peu dramatique, se déroule lentement devant nos yeux...La liane (en orange) est en train de se farcir l'arbustre (oui, en vert...). Une plante parasite qui prospère et qui a globalement l'apparence d'une pelote de laine hollandaise qu'on aurait lancée en l,air pour la voir retomber n'importe comment...
AHhh, un premier Pachypodium...c'est le baobab nain. En fait cette plante, qui paraît avoir avalé son pot en terre cuite, n'est pas du tout de la famille du baobab, mais sa forme et ses branches tordues rappellent son cousin aux gigantesques allures...
Et ça c'est un Aloes...de la même famille que l'Aloe Vera, plante typique du plateau de l'Isalo.
Une deuxième piscine naturelle....plus chaude celle-ci, dans un décor surnaturel entre Tarzan et Indiana Jones... Bon, les 2 gogols dans l'eau sont trop crevés pour jouer à l'un ou à l'autre, mais quand même...c'était super beau.
En remontant sur le haut du plateau, on a une vue digne des canyons américains...et le photographe Italiote ne se prive pas une seconde...et puis il faut bien faire des pauses, c'est qu'on est monté vite ;)
De retour à Ranohira...petit stop dans un marché. Germain nous décrit quelques aliments et on s'arrête devant ces deux corbeilles colorées...Sauterelles et jujubes...on n'a rien pris finalement (bien que le jujube soit très bon, surtout en confiture).
Alors, là, comment dire, on trouve un video-club qui fait aussi café internet (sans le café...) et je me marre vite fait en remarquant la juxtaposition inédite des plus beaux buts du monde et des 120 jours de sodome....Après il faut dire qu'ils n'en sont pas à une contradiction près...
Le lendemain, toujours dans le parc de l'Isalo, nous avons rendez-vous avec 2 canyons: Celui des rats et celui des makis...
Il font bien 80m de haut si je me rappelle, et nous commençons par le Canyon des Rats (il n'y en a plus depuis longtemps dans le canyon ceci dit...)
Au bout du canyon, impossible de continuer à pieds, la rivière prend toute la largeur...
...Pause photo du jour...
Là je manque de peu de passer littéralement à travers le sable qui recouvre des creux dans la roche...
J'aime bien les racines de l'arbre...on dirait qu'elles vont choper le Vazaha qui leur tourne le dos :)
De beaux contrastes aussi quand le soleil a un peu d'angle...
Voilà, et pour en finir avec l'Isalo, nous passons à la "Fenêtre de l'Isalo", l'endroit le plus visité aux alentours de 17h30... Tous les touristes semblent aimantés par ce tas de caillasses trouées ou le soleil vient s'encadrer une fois par jour environ....D'accord c'est beau...mais bon...
Le lendemain, on part donc de Ranohira en direction de Tulear (sur la côte ouest). On a quelques heures de route devant nous... Là c'est la ville des chercheurs de saphirs. C'est un endroit particulier, ou les guides nous recommandent chaudement de ne pas s'arrêter. L'attrait de l'argent facile a fait s'agglomérer là beaucoup de pauvres hères qui sont là comme on va au casino, prêt à tout, et qui finissent forcément par trouver des bouts de cailloux qu'ils revendent à des acheteurs européens, arabes ou asiatiques à un prix ridicule. Beaucoup de règlements de compte se terminent par des coups de feu, et la ville est gardée par des militaires... Donc on ne s'est pas arrêté...
On finit par arriver à Tulear, et notre guide nous dépose à la gare routière du taxi-brousse qui va nous emmener à Ifati ou nous prévoyons de prendre un peu de repose les pieds au bord de l'eau... On embarque dans le pick-up converti en taxi...à l'avant, avec le conducteur. On a cru presque 20 minutes à notre chance, jusqu'à ce que le machin démarre et qu'on se rende compte qu'on est assis sur le moteur et que dans moins de 10 minutes on va commencer à avoir les poils des jambes (voire plus haut...) qui crament :)
Mais attention, la route nationale 7 (RN7), c'est du passé, à partir de là, on longe la côte vers le nord, et c'est de la piste...du sable quoi...
Et on arrive enfin à Ifati, et une fois les sacs à dos dans le Bungalow, il faut dire qu'on commence réellement à relaxer...les palmiers et le sable fin ont en général cet effet là...
Le lendemain, une sortie pirogue est prévue et le petit déj local nous donne les forces pour commencer cette journée bien remplie...
Voilà la pirogue en question...
...alors la pirogoue est constituée d'une coque principale et d'un balancier sur lequel se pose l'assistant du barreur pour compenser la poussée de la voile...c'est très utile, mais c'est surtout super beau à voir...on dirait un trapéziste qui se joue du vent...

L'équilibriste en scène...ça file une pirogue hein?


Voilà le barreur, qui nous mène donc droit sur le massif des roses qui est une petite formation de coraux en forme de roses des sables. Là, on fait 1h environ de plongée masque-tuba. Pour moi c'est la première fois que je vois autant de poissons tropicaux...j'ai vraiment l'impression d'être dans "le monde de Némo"...Après on m'a dit que par rapport aux belles plongées de Mada, c'est assez pauvre....moi j'en garde un souvenir impérissable.
Photo du jour sur la pirogue....
Après la pirogue, on commence à se diriger vers le village de pêcheurs ou notre guide a l'intention d'acheter notre bouffe du midi. Il nous laisse un moment, le temps de négocier, et nous nous régalons avec les minots et leurs courses de pirogues miniatures. En fait ils apprennent les bases de la construction/navigation grâce à ces jeux enfantins.
Ici aussi, nos appareils photos font l'objet de toutes les convoitises :)
Et une pirogue de pêcheurs une !
Oui, alors je ne sais pas ou ils ont vu des films de karaté dans le coin, mais là, on dirait vraiment qu'ils nous font une scène de "Enter the dragon" ;)
...Et bien sur, le plus intéressant...voir à quoi on ressemble :)
...Du coup, les séances photos s'enchaînent...
Et les sourires ne manquent pas...

...Souvent, c'est la pirogue qui gagne :)
Les pêcheurs reviennent, avec nos poissons probablement :)
...encore le temps pour une ou deux photos....
...et une ou deux courses...
...puis nous repartons vers l'endroit ou nous attend notre pirogue et le reste de l'équipage :) Ici, une petit mangrove. On ne voit pas bien, mais tous les petits points noirs dans le sable sont des petites racines qui sortent...
Et là commence la préparation de la douzaine de poissons qui vont faire partie du meilleur repas que nous ayons fait à Mada... Du rouget, du capitaine, de la marguerite et des crevettes....
...le tout, accompagné de riz et de rougail  (sorte de sauce épicée à la tomate)... Au dessert, nous aurons droit à des bananes flambées et des cocos fraîchement coupées sur les palmiers aux alentours.... On a tout mangé à  4...on s'est clairement goinfré...
Par contre, l'après-midi, forcément, le vent n'a pas tourné et pour revenir à "notre" bout de plage, c'est à la force des rames qu'il faut faire avancer la pirogue....là, le Sergio a l'air un peu trop content, mais rassurez-vous, ça ne durera pas, la pagaie doit peser 5 kg (peut-être pas, mais bon, c'est pas léger....).
Le soir, petit resto avec les autres Vazahas rencontrés dans l'hotel (chez Cécile) qui est sur le bord de l'eau...
...avec danses traditionnelles et buffet de fruits de mer... trop bon...

Bon, disons qu'on s'est bien reposés à Ifaty, et qu'on était prêts à repartir pour de nouvelles aventures...Donc, nous reprenons la route de Tulear ou nous passons une nuit avant de prendre un avion interne pour Morondava... Bon, faut dire que les avions internes malgaches ne m'inspiraient pas initialement confiance... Mais je me trompais....malgré une certaine nonchalance et des retards réguliers...les avions volent. Plutôt bien même, sisis je vous assure !

Le seul drame de cette partie du voyage est l'oubli de mon chapeau dans l'hotel de Tulear...une saga qui ne fait que commencer car il y a quelquechose de franchement européen à trouver simple qu'on nous envoie un chapeau par la poste à notre prochain hotel. On m'explique que c'est plus que compliqué, et qu'il faudra ruser et utiliser d'autres arguments pour y parvenir...mais c'est pour plus tard....pour le moment, je m'en veux à mort...

Donc on arrive à Morondava, et là on se pose chez Francis, au "Cheval de mer". L'accueil qu'on nous y fait reste un des plus sympa de tout le voyage. Le "patron" nous oriente vers tous les bons plans et nous aide à trouver le guide qui nous emmènera finalement dans les "Tsingi" le parc national qui se trouve au nord de Morondava...

Sauf que 250km au nord de Morondava, en 4x4, sur une piste défoncée, avec 2 rivières à traverser...ça prendra 8h...dont voilà le début...
...et le premier bac...là on hallucine un peu...en fait les bacs sont des pirogues un peu longues, patchées de planches moyennement parallèles, sur lesquelles on fait monter les 4x4 un par un, ce qui fait globalement grincer toute les soudures et la moitié des rivets des sus-nommées embarcations...pendant ce temps là, les Vazahas attendent avec un café et un beignet de banane...ya pire ;)
Les gens du village savent bien profiter de se point de passage ou passent des espèces de portes-monnaie sur patte à la peau blanche....Mais on trouve aussi de francs regards, de malicieux petits monstres qui jouent et se roulent sur les tables, ainsi que des yeux plus grands que des largeurs de fleuve...
Bon, nous prenons le bac parceque notre 4x4 ne rentre pas sur une pirogue...mais sinon, tout le monde a son tronc d'arbre taillé...
Photo du jour !
...et l'arrivée à Bekopaka, finalement, après des heures et des heures de piste poussiéreuse et sèche...la gorge racle, le nez s'est bouché au 4e virage, les yeux pleurent tout seuls, mais on est arrivé...et demain, c'est Tsingi !
Le bac qui emmène notre 4x4 à Békopaka traverse le Tsiribin...
...Et voilà le début de notre plus jolie visite de parc...vous voyez cette faille noire au fond? Les tsingi, ça commence comme ça...
Et une fois à l'intérieur, il ne faut pas trop être claustrophobe....
Un jeu de passage souterrains et d'échelles nous emmène toujours plus profondément dans le parc...
...et on commence enfin à prendre de la hauteur, baudriers de rigueur....déjà, les hauteurs nous laissent apercevoir leurs fines pointes effilées...
Et une fois en haut, c'est lunaire...ça mérite une photo du jour....et beaucoup d'autres d'ailleurs...
...Colomb? nan, C H I A R E N Z A !
On dirait la lune? ouais, c'est à peu près ça...difficile de concevoir que ça ait pu se former....c'est du calcaire érodé, mais qui est d'une composition assez pure, ce qui fait que les formes sont très pointues...
Là, on passe un pont suspendu (pas très haut, une vingtaine de mètres je crois),  mais l'image est extraordinaire...
On se prend un peu pour Indiana Jones à passer sur des trucs comme ça...
On arrive ensuite à ce qu'ils appellent des "cathédrales" de pierre...en fait ce sont des sortes de canyons auxquels on accède par l'intermédiaire de galeries et d'échelles... Une belle hauteur sous plafond....
Ahhh et on croise notre premier Coua bleu...au risque de paraître banal, je dirais que c'est une sorte de poule sauvage qui a abusé du mascara...
Là, c'est un ficus parasite qui "comme le lierre obscur qui circonvient un tronc et s'en fait un tuteur en lui léchant l'écorce, grimpe par ruse au lieu de s'élever par force" comme dirait Rostand ;)
Ahh et là nos premiers lémurs Sifaka...on dirait des moutons qu'auraient appris à grimper aux arbres...et à terre ils courent de côté, tels des crabes ou des égyptiens :)
Le lendemain on fait les petits tsingi qui sont un peu moins impressionnants, mais qui ont la même forme...en mini...
Et enfin, avant de repartir, on fait la petite balade en pirogue sur le tsiribin...pour visiter les grottes naturelles. Très sympa.
De l'extérieur ça ressemble à ça....de l'intérieur ça ressemble à rien, c'est tout noir...
...Encore une, assez claire pour une photo du jour...
...et on reprend le 4x4 pour rentrer sur Morondava...Cette fois le chemin est coupé en 2 parties, on s'arrête pour dormir à Bélo et on repart le lendemain....Sur le chemin, d'autres villages, et d'autres minots curieux...
...Et on reprend le bac...
Alors...voilà un drogon. Il faut que je vous raconte l'histoire du drogon. Avec sa plume sur la tête, comme une couronne, on dit que c'est le roi des oiseaux. Il a aussi la particularité d'arriver à imiter les autres espèces, et peut donc faire peur à ses ennemis en imitant le cri des prédateurs. La légende malgache explique ainsi le statut particulier de ce petit oiseau noir :

Un jour, la maison de Dieu étant en feu, on fit venir les différentes races d'oiseaux pour qu'ils tentent, de leurs ailes puissantes, d'éteindre le feu. Le corbeau-pie vint en premier, et après s'être épuisé au point de se couvrir de suie, ne parvint en rien à diminuer l'incendie (c'est pour ça que le corbeau-pie est noir, à part une légère tâche blanche sur le poitrail...). Puis vinrent d'autres oiseaux, qui eux aussi échouèrent. On appela le hiboux, mais celui-ci se fit porter malade durant le jour, et vint espionner la nuit pour observer les essais de ses congénères...Dieu le vit, et lui dit....puisque tu t'absentes le jour et que tu espionnes la nuit, tu ne sortiras plus désormais que la nuit ! Et ainsi en fut-il du sort du hiboux. Mais la maison brûlant toujours, on vit paraître la chauve-souris. De ces ailes membranées, elle fit tant de vent qu'elle finit par éteindre le feu. Puis, épuisée, elle rentra chez elle pour dormir. Au matin, de bonne heure, le drogon vint s'enquérir de la violence du feu, et, le trouvant éteint, se roula dans les cendres encore fumantes avant d'aller trouver Dieu pour réclamer sa récompense. Reconnaissant, Dieu lui offrit des attributs spéciaux parmi ses égaux, couvrit son front d'une crête et lui donna le pouvoir de parodier tous les autres oiseaux. La chauve-souris se présenta peu après devant Dieu, avec les autres oiseaux pour témoins, et réclama aussi son dû. Mais Dieu ayant tout donné au Drogon répondit qu'il était trop tard, et que seuls sont méritant ceux qui se présentent en premier... Depuis ce jour, le Drogon est le roi des ramages malgaches, et la chauve souris, pour déplaire au bon Dieu, s'endort la tête en bas, et les fesses en direction des cieux ;)....
..Ahhh point de légende pour cet animal, mais beaucoup de chance d'en avoir aperçu un.....C'est un Foussa ! Une sorte de lynx-belette qui est en fait le seul vrai prédateur (terrestre) de Mada. Celui que nous croisons est habitué à roder autour du camp dans lequel nous nous arrêtons au cours de notre retour sur Morondava...mais normalement ce sont des animaux nocturnes.
...assez surprenant, il a une queue presqu'aussi longue que son corps...
...et bouffe des sifakas en brochette quand il arrive a en trouver quelques uns :)....comme cet arbre qui doit ressembler à un camion pizza pour un foussa...après, je pense qu'il doit moins bien sauter d'arbre en arbre que les lémuriens.
Sur le chemin du retour, toujours, on passe voir une bonne grosse série de Baobabs...ya le sacré, et là ci-dessous, ce sont les baobabs amoureux. Mignon. En fait c'est une espèce de baobab qui pousse en deux tronc qui s'entrelacent...
Et on arrive enfin à la "foret" de baobabs...là ou il FAUT s'arrêter pour prendre la photo qui tue avec le soleil qui descend sur ces arbres absurdes....On dit que Dieu les a puni parcequ'ils se plaignaient beaucoup trop, et les a retourné, les racines en l'air et les branche dans le sol...
Quelques minutes (heures...) plus tard, le soleil descend, et déjà les géants placides rougissent...
...avant de se perdre définitivement dans le reste du paysage qui prend soudain des allure de décalcomanie en 2 dimensions :)...J'ai fait ce que j'ai pu avec mon petit appareil photo, mais celles de Sergio sont géniales à ce moment...
De retour à Morondava, on rejoint le patron et sa patrone (Francis et Lidi)...qui nous gâtent à nouveau...mon seul regret à ce moment est de ne pas avoir pensé à prendre un photo de tout le monde...

Par contre, voilà le clandestin qui se squatte dans l'arbre de Francis :) Décidément, les caméléons, je ne les chope qu'accrochés par la queue dans des positions pour le moins précaires...
...Et ce sont nos dernières heures de plages avant le départ le lendemain...on en profite donc...
...pour faire la photo du jour, et....
....faire quelques jolis plans avec un pirogue qui trainait par là ;)... Le Sergio
...Et le Axel...
Le pot de départ, avant de prendre l'avion pour Tana, est constitué d'un bon petit verre de Rhum arrangé, avec le pudding à la banane de Lidi....Excellent....d'ailleurs, j'ai la recette, je vous la livre, c'est cadeau !

1/4L de lait chaud + 1 sachet de sucre vanillé
Du pain dur, émietté dans le lait, jusqu'à ce que le tout ne fasse plus qu'une pate
4 bananes bien mures (voire noires :) ) écrasées à la fourchette dans le pain imbibé.
1c à soupe de miel
1oeuf.
Bien mélanger + four beurré à 200degrés pendant 20 minutes !!!

La version améliorée fait état de raisins secs et de rhum :)

Et nous revoilà dans l'avion pour Tana....avec quelques craintes depuis que Francis nous a dit que : "Les avions malgaches sont très mal entretenus...la dernière fois, il y en a un qui a perdu une hélice, et l'autre un train d'atterrissage....mais ne vous en faites pas...ils ont des très bons pilotes ! Dans les deux cas ils ont réussi à poser les avions ! "..... Super rassurant.... Mais pour tout vous dire, j'ai pris des petits avions, et celui-là m'a parut voler tout aussi bien que les autres...
Arrivés à Tana, nous redécouvrons la ville que nous avions croisée à l'aube, le premier jour...
J'ai pris cette photo pour montrer qu'on peut très bien bâtir ce qu'on veut avec un échafaudage en eucalyptus, et que les malgaches n'ont pas besoin de nos structures complexes d'acier et de goupilles....bon, quand on passe à côté, on n'est pas rassurés....pour eux....
Là je saute un épisode déplaisant...en fait, à Tana, on devait retrouvé notre guide (le même que dans l'Isalo). Mais le matin du départ prévu pour l'Est (Mantandia et Andasibe), il ne s'est pas présenté....ni lui, ni les 200000 ariarys que nous avions avancés bien sur... Sans m'étendre sur une partie pénible du voyage ou il nous a fallu admettre que les bons sentiments n'ont pas cours entre malgaches et Vazahas, je dirais qu'on a retrouvé un guide, et que nous avons passé un peu plus de temps dans une ville que j'ai beaucoup appréciée, même si ce n'était pas le cas de Sergio, et dans laquelle nous avons vu une conférence de l'IRD (Institut de Recherche pour le Développement) sur la déforestation par les feux de savanes à Madagascar, et un concert génial de "Teta" (première partie), un guitariste malgache de grand talent, et un artiste malien qui nous a joué du balafon... Super dans l'ensemble...

Là, une petite vieille contemple la ville basse à côté de deux sacs de charbon de bois (la paille, c'est pour ne pas en renverser...).
La photo du jour, avec peut-être la seule chose qu'on ait goûté à Mada qui nous ait vraiment foutu gerbe...Le Kouba (qu'on orthographierait bien volontiers Coup Bas....), est un gâteau cuit à l'étouffée dans des feuilles de bananier, à base de pistache....nan, vraiment l'horreur...après, des malgaches nous ont dit qu'on ne pouvais PAS trouver ça mauvais, et qu'on avait dû en goûter un qui était passé...mais bon, on n'a pas retenté le diable (une fois ça suffit....).
Ahh, encore une belle découverte à Tana. En fouillant un peu dans "Tana planète" (un genre de petit futé local), je tombe sur une peinture magnifique d'une jeune fille dans les tons bleu/jaune...et l'exposition correspondante est en ce moment même à la gare de Soarano (plein centre ville, à 10 min de notre hotel). Nous y allons donc pour nous apercevoir que le peintre est là, avec d'autres oeuvres à lui...Bien sur, ça ne donne pas aussi bien qu'en vrai, mais je tiens à les montrer et à faire un peu de pub pour ce gars super sympathique et indéniablement doué. Il s'appelle NONOH RAMARO, et nous montre ses toiles dont la plus belle est surement celle-ci, intitulée les chercheurs de saphir :
...Pour l'anecdote, je finirai par lui acheter une toile, sous le charme du coup de pinceau...j'ai donc ramené un sacré souvenir de Tana, avec l'intention bien sur de faire tout ce que je pourrai à l'avenir pour aider ce gars à être connu de ce côté-ci de la méditerranée...Juste Exceptionnel.

Bien, nous avions donc, j'en étais là, retrouvé un guide pour nous amener dans l'Est...Il passe prendre de l'essence, et je prends cette photo juste pour dire que là-bas, il n'y a pas de sans plomb 98....par contre il y a du 91...Vous pouvez aussi faire un petit calcul (sachant qu'un euro = 2500 ariarys) et voir que le prix de l'essence là-bas est globalement le même qu'ici. vous comprenez donc immédiatement qu'avec des salaires autour de 60 euros par mois, il y a peu de personnes pouvant se payer un plein à 30 euros...sauf les guides pour touristes :)

Notre première étape est le zoo de tana, qui bien qu'un peu délabré, nous permet de voir les lémuriens de très proche (malgré tout, ce n'est jamais la même chose que dans les arbres en pleine forêt....).
Je mets cette photo en dédicace au phacomochère des 4 saisons d'espigoule....à mon avis, le fameux phacomochère n'est autre que la fusion, alcoolisée probablement, d'un phacochère et d'un potamochère, qui tous deux existent réellement :)
...En route vers l'Est, une vision lointaine d'une truc qui crame....notre guide nous explique que c'est la décharge de Tana (2 millions d'habitants)....qui brule ou fume tout le temps...l'envers de la médaille...
Les premiers paysages....l'est est plus montagneux, et surtout beaucoup plus vert que le sud...
...arrivée au camp près du parc d'andasibe, les bungalow en toile de fond, ça mérite une Tof du jour !
Ahhh, et enfin un photo de mon "arbre du voyageur"...j'en voulais une avant de repartir, et même si celui-ci est clairement envahi par la forêt qui l'entoure...je le trouve "serein" :)...C'est un arbre qui est un peu le symbole de Mada, d'ailleurs, c'est le logo d'Air Madagascar. Il produit une matière grasse comestible, et un coup de machette à la base peut fournir jusqu'à un litre d'eau au voyageur assoiffé...après la saison des pluies, lorsque l'arbre est gorgé d'eau.
Je ne mettrai pas ici toutes les photos de lianes que j'ai prises...il y en a un paquet. Il est difficile d'expliquer aussi pourquoi j'en ai pris autant. En fait j'ai trouvé que la liane est l'élément le plus anarchique de cet ensemble conformément vertical qu'est la forêt. Cette plante qui, un matin, s'est dit "moi aujourd'hui, je prends à gauche" au lieu de chercher le chemin le plus court est donc aussi ce qui permet à la forêt de s'approcher de nous en ce qu'elle parcourt aussi le plancher des vaches et ne s'élève pas simplement, hautaine et indifférente à ce qui rampe (comme nous). Les noeuds qu'elles sont capables de créer sont extraordinaires et sont comme un liant, une trame, le résultat d'une gigantesque navette a tisser tenue par un  esprit grandiose, puissant gardien de la forêt :)
Mentionnons aussi que nous aurons emprunté un bon nombre de véhicules, tous moins rassurants les uns que les autres, mais que tous nous ont mené à bon port, avec parfois, cependant, un peu d'aide en chemin ;)
L'arrière du 4x4, normalement réservé aux guides (alors que les Vazahas sont sur la banquette arrière), nous a franchement amusé sur le retour du parc de Mantandia...
Le lendemain, nous partons pour le parc d'Andasibe. C'est une forêt secondaire qui abrite un lémurien particulier, appelé l'Indri Indri. C'est un des plus grand lémurien de Mada, et il a la particularité de signaler sa présence (et donc son territoire) en émettant un cri qui n'a rien d'habituel...en fermant les yeux, on pourrait se croire en pleine baie de Naples, quand doublant l'Ile de Capri, Ulysse entendit le chant envoutant et glacé des filles d'Achéloos...

Et voilà le fameux cri du Indri-Indri :) C'est pas énorme ça ? ;)


...maman et minot Sifakas....mais d'une autre race que celle que nous avons déjà croisée....ceux-ci ont les pattes orangées...

...La visite est super, le temps d'une des dernières photos du jour...
...sur le pont de la forêt d'Andasibe...
...Avant de partir, on croise un dernier lémurien, de race "lémur-bambou" parcequ'il se goinfre littéralement de  ce végétal...tellement qu'il en oublie de s'enfuir quand nous arrivons et qu'on réussit à le prendre de très près...
De retour sur Tana, la dernière journée est consacrée à quelques achats, souvenirs et autres...notamment, une petite Cabosse pour notre pote Jo....Cet instrument qui ressemble à une petite mandoline est aussi caractéristique de Mada. La caisse de résonance prend d'ailleurs souvent des formes particulières (maisons, taxi-brousse, lémurien etc...). On réussit à l'accorder (G-B-D pour ceux que ça intéresse....) et Sergio s'initie aux instruments à corde sur cette version un peu simplifiée de guitare :)
...Notre dernier apéro...le fameux foie gras malgache...on ne penserait pas, mais les malgaches on énormément de canards et les français ont dû initier la production de foie gras quand ils y étaient encore....depuis, il est toujours possible d'en trouver, à un prix défiant toute concurrence et d'une superbe qualité...le petit verre de bordeaux moelleux aidant....très belle dernière soirée :)
À l'hotel, une petite photo avec les gens rencontrés, ces amis d'un (ou plusieurs pour Phillippe :) soir avec qui il est toujours agréable de partager un bout de voyage, un ou deux souvenirs, avant de repartir...
Par contre, le retour s'annonce clairement difficile, surtout avec le retour à Paris et le TGV derrière...Température à Paris 8 degrés....dur dur le retour de vacances...

Voilà, j'en ai terminé de mon histoire malgache...il faut dire que j'ai mis beaucoup de temps à trier les photos, pas mal à les télécharger, mais surtout énormément à commenter tous ces morceaux de souvenirs...Cependant, c'est un exercice que j'adore parcequ'il permet, avec le recul, de mieux juger ce qu'on a vécu....surtout que PENDANT le voyage, les événements vont beaucoup trop vite pour qu'on ait le temps de réfléchir. De plus, je trouve qu'une fois écrit, tous ces moments sont bien mieux imprimés dans cette éponge sélective qui me sert de mémoire :)

Il ne me reste qu'à essayer de mettre une ou deux vidéos, ainsi qu'un peu de musique pour accompagner votre lecture et pour vous faire découvrir les rythme malgaches... J'y vais de ce pas :)

Merci !